lundi 26 septembre 2011

SUR LA ROUTE.


Quand les enfants s’en vont
Les mères n’ont rien à dire
Et plus grand-chose à faire
S’étonner cependant
Absurdement.
Quand il n’y a rien d’étonnant
Rien n’étonne les enfants
Ils vont devant
Les autres sont derrière.

Et la route s’étire à ne plus voir
Devant. A ne plus voir derrière.

 
La marche se raidit
L’air épais estompe les couleurs,
On rit, on pleure on grignote des dents
On repeint la façade, on fait signe à travers

Et ça leur fait tout simple à nos enfants
Tout gentiment : ils sont bien nos parents.

Ils vont par les chemins, traversent les frontières
A petits pas souriants.

Puis ils dorment longtemps. Parfois dans leur sommeil
Leur vient un rêve de lumière,
Ils crient, ils crient :
Attendez-moi, attendez-moi,
J’n’en ai pas pour longtemps.

                                                                                     M.L. 1994. 

2 commentaires:

brigetoun a dit…

beau, comme la vue (un peu triste comme la vie)

Air fou a dit…

« on grignote des dents »

Fort joli, cela. Plein d'image et de frissons grelottant.

Zed